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Chambres en ville, version banlieue – 1re partie

03 Mai

Les joies des dortoirs... Ou comment apprendre très jeune à endurer les ronflements...

Dernièrement, j’ai présenté un mec à ma meilleure copine… Ma meilleure copine, seule survivante de l’espèce des célibataires dans mon entourage. Dernière  membre restante que je connaisse intimement du clan des mères monoparentales…  Évidemment, je ne suis pas unique en mon genre. Il y a un tas de mères assumant seules la vie familiale (et souvent, avec une facilité accrue et déconcertante due à l’énergie libérée du fait de ne plus avoir à chialer contre un homme qui n’a pas compris les joies de notre méthode infaillible pour faire le ménage).

Mais le fait est que maintenant, puisque ma copine a trouvé l’âne sœur (oups, je veux dire l’âme sœur… drôle de lapsus!), bien elle est entrée dans un long processus de nettoyage de sa maison, pour accueillir l’homme en question, ses enfants et tout son lot de trucs inutiles (comme une pile de vêtements trop grands et de chandails qui transpirent les années 80; je soupçonne mon amie de faire en sorte que ces boîtes disparaissent nébuleusement dans le déménagement!).

Enfin, ma copine se départissait d’un lit simple et de deux matelas pratiquement neufs, puisque son chéri était déjà équipé de la sorte pour sa progéniture… Elle m’offre donc, avec son tact habituel :

–  Écoute, j’ai un lit à donner et je le mets au chemin ce soir. C’est à prendre ou à laisser. MAINTENANT!

N’écoutant que mon instinct d’économe (et Dieu sait que cet instinct carbure aux épinards, tellement il est fort), je me dis qu’un lit gratuit, ça peut toujours servir. Surtout que la positive en moi sait pertinemment qu’un jour, le fils de mon futur chum dormira de temps à autre à la maison (la visualisation, c’est essentiel, je vous le jure!). Ma copine m’offre même les draps bleus qui vont avec le lit. Une aubaine !

Je saute dans ma grosse Dodge Grand Caravan que j’ai débarrassée de ma poussette double et de tous les objets qui entravent ma valise : parapluie, sacs vides, livres de lecture d’enfants, collection de roches de ma petite dernière, verres vides de plastique du Tim Hortons (apparemment la caféine de mes de Cappucinos glacés ne me pousse pas à ramasser mes verres vides)… Dix minutes et un gros sac de vidanges plus tard, je suis prête à partir.

Évidemment, j’ai pris le temps d’appeler le clan Panneton au préalable, c’est-à-dire mon excellent ami Daniel, pour m’assurer qu’il pourra m’aider à monter le lit dans la chambre de ma fille. J’ai beau jouer au badminton et avoir les biceps d’une fille qui s’entraîne, j’ai encore besoin d’un véritable mâle pour certaines tâches, dont une à laquelle je préfère ne pas faire référence ici, de peur que ça me rappelle depuis combien de temps je ne me suis pas attelée à cette tâche, justement. Ça va « venir », c’est le cas de le dire! ;-).

Enfin, je reviens à la maison, ma fourgonnette pleine à craquer. J’appelle Daniel, qui arrive avec son autre copain Daniel, et les  « deux Dan » me font la preuve de leur virilité en montant mon lit à l’étage le temps d’un soupir…

Impressionnée de leur compétence, et ma foi pas mal profiteuse et ratoureuse (non, mais je ne peux pas avoir juste des qualités), je leur demande  innocemment, mais d’un ton qui ne tolère pas le refus :

–   Les boys, vous faites vraiment bien ça… Ça paraît que vous faites du sport. On jurerait que vous vous entraînez (toujours flatter dans le sens du poil quand vous voulez qu’un homme vous aide, retenez cela, mesdames!) Auriez-vous la gentillesse de déplacer les autres meubles de la chambre pour que ce soit plus joli ? Ça me ferait TELLEMENT plaisir ! Toute seule, je ne serai pas capable (et hop, un petit clignement de cils avec un sourire en coin, une dose de « pauvre petite femme qui fait pitié »… question de terminer l’opération « séduisons les déménageurs », et le tour est joué).

Mes copains s’exécutent fiers de démontrer leur force à l’œuvre (ça aime se sentir utile, un homme!), et voilà la chambre de ma fille cadette équipée de deux lits jumeaux.  Je suis curieuse de savoir comment les filles réagiront à la vue de ce changement… Le 2e matelas, dont je ne sais trop quoi faire, est déposé dans la seconde chambre, adossé au mur. Évidemment, j’aurais pu lui trouver un meilleur emplacement, mais remettre au lendemain, c’est un luxe dont je me prévaux de temps à autres (à défaut d’autres luxes comme des voyages dans le Sud. Moins cher et tout aussi relaxant!).

Accotée contre le matelas, j’ai un flash! L’un de mes nombreux et fréquents flashs, surtout selon mon amie Edith, qui a d’ailleurs tendance à penser que certains de ces flashs pourraient très bien ne pas être matérialisés ou même divulgués tellement ils sont poussés loin… Enfin, j’ai toujours pensé que la créativité et les idées se cultivent, alors je me fais un devoir d’en avoir le plus possible, même si elles sont ridicules.

Alors voilà : et si, plutôt que d’avoir une chambre attitrée, mes filles avaient le loisir de choisir leur lit chaque soir ? Quatre lits, trois filles ! Un univers de possibilités (et si ça pouvait les faire dormir plus longtemps, ce n’est pas moi qui m’en plaindrais)! Ce concept révolutionnaire fait un peu comme si mes enfants étaient en vacances à l’hôtel chaque nuit, avec un lit différent.

Après tout, s’il y a à Laval, en l’honneur du quartier Fabreville, le motel Fabreville (bon, les suites «spécialisées» de ce motel suscitent encore dans mon cerveau des idées coquines, attachez-moi quelqu’un ! Euh… mauvaise idée! Le but est de penser à autre chose. Foutu sexe ! 😉 )… Enfin, si le motel Fabreville existe, pourquoi pas, dans un autre registre, le motel Auteuil, mon sympathique quartier lavallois… Mes filles pourront réserver un lit différent chaque soir, comme en vacances !  

Pour ma part, je préfère conserver l’usage exclusif de mon lit king très spacieux, même si bizarrement, je dors à l’extrême gauche… Ça s’explique tout de même par le fait que je dors le plus loin possible du réveil-matin (il m’énerve celui-là!, surtout quand il sonne à 6h du matin!), et que je garde de bonnes habitudes pour que mon futur chum n’ait pas à pester contre le fait que je dors en étoile dans le milieu du lit ou que je tire toutes les couvertures ! Il faut mettre toutes les chances de son côté, c’est le cas  de le dire…

Enfin, c’est décidé ! Ma maison deviendra une « maison à chambres ouvertes », sauf pour la mienne! 😉

J’ai bien hâte de voir la réaction des filles ! Voudront-elles préserver leur territoire (par chance, elles ont passé l’âge de faire pipi par terre, c’est plus la technique de crêpage de chignon qui les motive) ou profiteront-elles de cette occasion pour fraterniser avec leurs sœurs selon l’inspiration du moment ?

L’annonce

C’est vendredi. Je reprends les filles à la garderie et Émilie revient en bus de l’école. Dès que mon trio est à la maison, mon aînée me demande :

–   Bon, qu’est-ce qui a changé cette semaine ? (Euh… je suis un peu surprise de la remarque, mais il est vrai que j’ai cette tendance à changer les meubles de place dans au moins une pièce chaque fois que je me retrouve dans ma semaine en solo. L’impression d’avoir une nouvelle maison pour une fraction du prix et sans le trouble du déménagement. Avouez que c’est une stratégie gagnante!)

–  Allez voir dans la chambre de Sabrina!

Les filles montent les escaliers comme une horde d’éléphants devant un bananier, c’est-à-dire avec un bruit d’enfer et sentant que quelque chose d’agréable est en vue!

–  WOW ! COOL !

La réaction que j’avais prévue est la bonne. Mes filles, habituées aux tourbillons de changements depuis leur jeune âge, sont heureuses de voir que la chambre dispose maintenant d’un matelas de plus pour sauter dessus (euh… je veux dire d’un matelas de plus pour dormir paisiblement).

–  Qui va dormir là ?

–  Bien, je pensais que vous pourriez choisir chaque soir qui veut dormir avec qui (est-ce que je suis en train de leur expliquer le concept d’amour libre, moi là ?)… Chaque soir, l’une d’entre vous va avoir la priorité du choix (c’est le choix du Chef, comme chez St-Hubert), puis les deux autres décident (ah bien, moi j’vais y aller avec la famille!). Ça vous va ?

–  OUAIS!!! COOL ! (Décidément, mes filles possèdent un vocabulaire très étendu!)

–  Bon, je vais aller faire le souper (ça prend tout de même quelqu’un pour mettre la pizza congelée du vendredi au four! Ah, je me donne vraiment du trouble gastronomique! 😉 )

Que se passera-t-il lors du premier dodo à « chambres ouvertes » des filles ? Rêve ou cauchemar ? À suivre

Crédit photo : © Theirhistory

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Une réponse à “Chambres en ville, version banlieue – 1re partie

  1. Fred

    4 avril 2011 at 16:04

    Divertissant

    Le flash de 4 lits en bon mais je pense que ca va mener a des chicanes.

    Lorsque je sorts le linge des boys ca prends 10 sec mais lorsque je leurs demande de choisir ce qu’ils veulent mettre … … … … … … Fait donc comme papa : prend le ^1er sur le dessus !

    Divertissant

     

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